En articulant formes artificielles et organiques, je cherche à confronter le théâtre de l’Homme à celui de la nature et à interroger les relations complexes que nous entretenons avec nos environnements.
À travers l’exploration des notions de cycle et de métamorphose, mon travail propose une lecture sensible de notre manière d’habiter le monde, où le matériau devient le support d’expériences invitant les spectateur·rice·s à questionner leurs perceptions de la réalité et les cadres dans lesquels elles s’inscrivent.
Après plusieurs années de recherche autour du Virus de l’Immunodéficience Humaine (VIH), abordant ses dimensions sociales, médicales et politiques, l’avènement de l’anthropocène et les crises sanitaires et écologiques contemporaines ont élargi mon champ de réflexion. Mon travail s’est alors recentré sur les processus régulant la stabilité du système terrestre, et plus particulièrement sur les neufs limites planétaires définies par Johan Rockström et ses collaborateurs.
À partir de ces seuils aujourd’hui largement dépassés, je développe des projets qui interrogent les causes, les interrelations et les conséquences de ces dérèglements. Sans adopter une posture moralisatrice, mon travail cherche à déplacer le regard vers les mécanismes intrinsèques au sein desquels nous vivons et agissons, afin d’en révéler la complexité et les fragilités.
Si la matière a longtemps structuré mon langage plastique, mon processus a récemment évolué vers une attention accrue portée à la symbolique des formes, des couleurs et des dispositifs visuels.
La matière n’est plus nécessairement centrale, mais accompagne désormais le propos, au service d’une narration plastique attentive aux mutations, aux transformations et aux disparitions d’un vivant souvent discret. Mon travail invite ainsi à porter une attention renouvelée aux processus qui traversent les choses, les milieux et les territoires, et à reconsidérer les récits que nous construisons à leur sujet
Géolocalisation désactivée