Mes préoccupations artistiques se construisent autour du vivant, du corps, des interactions qu’ont les
diverses formes de vies entre elles.
Dans une esthétique particulière entre attraction et répulsion, je traite des notions de vie et de mort, de
cycles et d’écosystème. Je compose avec des organismes et matières vivantes que l’on peut considérer
comme repoussants mais dont j’expose la poésie et les capacités créatrices.
Par la photographie, l’installation et la sculpture, je révèle des perspectives inhabituelles d’éléments
du quotidien : les micro-organismes avec lesquels on évolue en symbiose, les paysages qui se créent
lorsque l’on observe les corps d’un point de vue macroscopique.
La notion d’écosystème est primordiale dans mon travail, ainsi je compose avec diverses formes de
vie telles que les bactéries, moisissures, végétaux, champignons, algues, myxomycètes, insectes, pour
créer des sculptures vivantes que je place dans des milieux favorables à leur développement – milieux
parfois reconstitués de manière artificielle. Je crée des processus puis mes pièces évoluent seules,
selon leur grès et les paramètres environnants ; certaines sont notamment in situ et changent d’aspect
selon l’endroit où elles sont réalisées et disposées. Elles entretiennent un rapport étrange au temps :
entre les oeuvres éphémères à durées de vie variables, celles montrées “post-mortem”, celles qui
peuvent entrer en dormance puis se réactiver, et les photographies figeant de manière ambigüe certaines
phases d’un cycle, notre appréciation du temps est constamment sollicitée.
Un certain rapport aux sciences, notamment la biologie et l’écologie, me guide dans mon travail. Les
questions d’artificialité et d’intervention sur le vivant sont alors soulevées, la limite entre atelier et laboratoire
devient floue.
Mon mémoire portait sur la possibilité de l’art et du sensible dans les prises de conscience écologiques.
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