Portrait · Emmanuel Ygouf
Professeur coordinateur de la CPES-CAAP, Lycée Alain Fournier
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis professeur d’arts plastiques depuis 2000. Cela fait maintenant 10 ans que je suis responsable de la CPES-CAAP (Classe prépa artistique) du lycée Alain-Fournier de Bourges. Avant cela, j’ai eu différentes missions auprès de l’Éducation nationale au cours des années : enseignant en collège REP+, en collège rural, en lycée, chargé de formations ou de missions d’inspection, et maintenant enseignant en classe préparatoire.
Je suis diplômé de l’école d’art du Mans. Lorsque j’ai passé mon DNSEP, j’ai échangé avec mon président de jury, Jean-Marc Huitorel, en dehors du temps de l’épreuve. Mon travail étant très « bavard », il m’a demandé si je souhaitais enseigner, ce qui n’était pas le cas. Au bout de 2/3 ans, j’ai finalement passé le CAPES puis l’agrégation. Les premières années, j’ai conservé une pratique de plasticien jusqu’à ce que mes missions ne me le permettent plus.
Aujourd’hui au lycée Alain-Fournier, je suis coordinateur de la Classe préparatoire aux études supérieures – Classe d’approfondissement aux arts plastiques et chargé de programmation de la galerie La Transversale. Je suis majoritairement enseignant, mais pas seulement. J’enfile différents « costumes » en fonction des situations rencontrées.
Qu’est–ce que la CPES-CAAP, que vous coordonnez au Lycée Alain Fournier ?
La CPES-CAAP est la première classe préparatoire qui a été ouverte sous cet acronyme, en 2015.
L’Inspection générale en Arts plastiques souhaitait développer des classes préparatoires publiques, afin de proposer des alternatives aux prépa privées et ouvrir une plus grande proximité géographique. Ces classes ont pour but de préparer les étudiant·es aux concours des écoles d’art, mais également de leur permettre de réfléchir à leur projet professionnel.
Dès l’ouverture de la classe, nous avons conventionné avec l’université de Tours, afin de permettre aux étudiant·es de valider une Licence 1 d’Histoire de l’art et d’éviter une année blanche en cas d’échec aux concours, ou de réorientation du projet professionnel.
La CPES-CAAP prépare aux écoles d’art, dans les mentions Arts, Design et Communication, aux études universitaires (Histoire de l’art ou Arts plastiques) mais également à d’autres orientations artistiques telles que les formations autour des métiers du spectacle vivant, de la scénographie d’exposition, de l’image (bande dessinée, illustration) ainsi qu’à l’École du Louvre et aux formations en Conservation/restauration.
Pour ouvrir les étudiant·es sur des disciplines artistiques et des métiers différents, tout en les sortant du lycée, la classe préparatoire développe plusieurs partenariats avec des structures culturelles de proximité, telles que l’ENSA Bourges et la Maison de la Culture de Bourges.
Vous êtes également coordinateur de la galerie La Transversale. Quelles sont ses activités et son lien avec la Classe préparatoire artistique ?
La Transversale est la galerie du lycée Alain-Fournier. Dans cet espace de 75m2 répartis sur 3 salles, nous programmons 4 expositions par an, essentiellement des jeunes artistes afin de les accompagner dans la professionnalisation.
Je ne publie pas d’appels à candidatures pour la galerie, car nos financements, qui sont ceux de l’Éducation nationale, sont limités. Je passe par d’autres biais pour programmer les artistes : certain·es artistes nous sont conseillé·es par nos partenaires, d’autres nous sollicitent directement, de mon côté, je prends également contact auprès d’artistes dont je suis les activités.
Les dossiers des artistes avec lesquel·les j’échange passent dans une Commission de programmation, qui s’assure que ces artistes respectent le cahier des charges du lieu. Cette commission est composée d’étudiant·es de la classe préparatoire, d’élèves du lycée, de personnels administratifs et d’enseignant·es, et de partenaires artistiques. Cette commission étudie 6 à 8 dossiers chaque année.
En moyenne, la galerie reçoit 400 visiteurs par exposition, à la fois des individuel·les, des publics scolaires des établissements environnants, des associations de proximité qui accompagnent des publics allophones, des personnes âgées, etc. La régie d’exposition ainsi que la médiation sont assurées par les étudiant·es de la CPES-CAAP.
À quel moment vous est-il apparu nécessaire de rejoindre le réseau devenir·art ? Et pour quelles raisons ?
Dès le début ! J’ai rejoint le réseau aussi bien pour la Transversale que pour moi-même. devenir·art me permet d’apprendre des artistes et des personnes qui gravitent dans le secteur des arts visuels, de construire mon savoir sur l’exposition et transmettre ces informations à mon tour.
Je partage mes questionnements au sein du réseau dans l’objectif d’améliorer les conditions d’accueil des artistes, des œuvres et des publics, mais également pour améliorer la formation des étudiant·es.
Quelles ont été vos différentes implications dans le réseau jusqu’à présent ?
En intégrant le réseau, je me suis aussi posé la question de ce que je peux éventuellement apporter aux échanges. J’ai intégré la commission « présence d’artistes en milieu non-artistique » à sa création, car c’est ce que fait la Transversale, qui est implantée dans un lycée. Je participe maintenant à la commission « inclusion » dans laquelle nous nous posons des questions concernant la construction d’un cadre plus inclusif, à la fois pour l’accueil des publics que des artistes.
C’est difficile pour moi de m’impliquer davantage, car j’ai un rythme de travail dense. En plus d’avoir un réel intérêt pour ces échanges entre membres, je soutiens de façon inconditionnelle le réseau pour les valeurs qu’il porte. Bien que devenir·art ne soit pas une structure pédagogique, le réseau joue pleinement ce rôle essentiel.
Emmanuel Ygouf, Professeur coordinateur de la CPES-CAAP, Lycée Alain Fournier, Bourges