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Portrait · Oscar A

Artiste plasticien

Portrait · Oscar A
Oscar A s’est installé récemment près d’Issoudun. Il réalise des installations, des performances, des œuvres vidéos et sonores avec une pratique allant des nouvelles technologies à la peinture. Dans son œuvre, il invite le public à partager une expérience sensible composée et évolutive. Son nouvel atelier est un espace de rencontre où se côtoient artistes, stagiaires et publics l

Quel est ton parcours ?

J’ai un arrière-grand-père qui était peintre de montagne donc j’ai grandi avec cette vision sur la pratique artistique. Il défendait le fait d’être autodidacte. Aussi, on ne m’a jamais encouragé à faire une école d’art qui selon lui tue la créativité !

Je suis allé au conservatoire de musique d’Annecy avant d’entrer pour 11 années d’études au Conservatoire National Supérieur de Musique et Danse de Lyon (euphonium, pédagogie, composition mixte) ce qui m’a permis d’acquérir une solide formation académique.

Plus tard, après un séjour à Montréal où j’ai réalisé une licence de vidéo musique, j’ai poursuivi un master en arts numériques à Saint-Etienne.

J’ai commencé à travailler dans le champ de l’installation en 2017, je suis donc un tout jeune artiste plasticien !

Parle nous de ton travail

J’ai toujours été attiré par l’idée de travailler l’expérience dans l’espace. Je n’arrivais pas à comprendre la notion de spectacle qui induit une frontalité et un confinement dans une salle, ni le milieu des beaux-arts, que je trouvais élitiste et bourgeois.

Donc, très vite, je suis allé vers une pratique qui sortait de ce que je connaissais et je me suis tourné vers le tangible autant que vers l’immatériel, une notion sur laquelle j’ai d’ailleurs beaucoup écrit.

L’installation permet d’interroger la manière dont les gens évoluent dans un espace et un temps donné. Je m’intéresse aussi beaucoup aux écrits de Nicolas Bourriaud, essayiste sur l’esthétique relationnelle. Dans le monde des arts plastiques, l’esthétique relationnelle est figée, elle ne bouge pas beaucoup. Au contraire dans les arts numériques ou même du jeu vidéo, la relation usager·ères est en perpétuelle évolution. C’est ce que je cherche à reproduire dans mes productions.

Même si j’apprécie travailler le volume et les médiums, l’objet n’est pas une fin en soi pour moi. Ce que je vise, c’est son articulation avec l’expérience. De cette manière, je passe de la composition à un univers plastique et visuel en passant par le documentaire et la performance.

Quels sont tes projets actuellement ?

Mon travail part souvent de la littérature ou de fait observés et il se déploie comme un questionnement philosophique accompagné d’une mise en espace. Cette démarche m’évite d’adopter le positionnement de l’artiste qui impose son œuvre. Au contraire, je structure mon propos avec des codes partagés qui permettent aux gens de rentrer dedans.

Je travaille actuellement sur deux projets en parallèle : l’un, initié à Saint-Georges, porte sur le personnage d’Ophélie, et l’autre porte sur les textes d’Alexandre Castant, essayiste et critique d’art.

Je suis également engagé dans une résidence de création et de médiation pendant 2 ans au conservatoire de la ville d’Annecy, et j’enseigne les arts sonores au conservatoire de Bourges. Ponctuellement, j’interviens aussi à l’ENSA Bourges en arts sonores et électro-acoustique.

Quels sont tes projets dans le futur ?

Je mène une démarche assumée d’artiste entrepreneur et pour accompagner à professionnalisation de ma pratique, je m’entoure de collaborateur·rices : une administratrice ainsi que des stagiaires, alternant·es, ancien·nes élèves à qui je délègue certaines missions.

Cette aventure est en partie entrepreneuriale, elle vise à une économie de studio de création, c’est un défi.

Avant tout, je vise à être indépendant d’une autre activité professionnelle comme l’enseignement. L’art et le métier d’artiste demandent une grande disponibilité. Après avoir travaillé 7 ans en free-lance, j’ai pu en découvrir les richesses et les difficultés. D’un point de vue artistique, je cherche à créer des espaces-temps ouverts pouvant combiner des formes nouvelles de rencontres avec malgré tout une écriture ciselée du temps et toute la spontanéité de la performance. C’est une piste à creuser, car la transdisciplinarité demande de travailler sur plusieurs dossiers en même temps, ce qui est exigeant en patience.

Quels sont tes liens avec devenir·art ?

Je suis relativement nouveau dans la structure, mais les quelques liens que j’ai créés, notamment à Bourges, sont précieux.

Les questions professionnelles et les temps d’échange sont nécessaires pour nous interroger collectivement sur la manière dont on vit notre pratique artistique. Faire le métier d’artiste demande de passer du temps à gérer l’administratif, à se rendre à des expositions, à rencontrer d’autres artistes, etc. Pour tout cela, devenir·art est une vraie ressource.

J’ai tout de suite senti que tous·tes les membres sont les bienvenu·es quel que soit leur parcours ou leur milieu. Cette mise en réseau permet de créer une véritable communauté.

Je suis moi-même attaché au collectif et aux moments de partage : c’est d’ailleurs pour cela que j’ai choisi de faire de mon atelier un lieu de vie ouvert sur l’extérieur.

Oscar A • devenir•art