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Portrait · Amélie Lainé

Artiste-plasticienne

Portrait · Amélie Lainé
Amélie Lainé vit et travaille en France, en Eure-et-Loir. Elle est titulaire d'un Master d’arts plastiques - Université Panthéon-Sorbonne, Paris, 2008 et d'une Licence d’esthétique - Université Panthéon-Sorbonne, Paris, 2005.

Quel est votre parcours ? Comment s’est développée votre envie de travailler dans les arts visuels ?

J’ai découvert les arts plastiques au lycée lorsque j’ai passé le bac. Puis j’ai fait une licence en esthétique de l’art et un master en arts plastiques à l’université Panthéon Sorbonne. J’ai toujours aimé dessiné, mais je n’avais pas assez confiance en moi pour le montrer. Faire des études dans les arts plastiques m’a donné envie de me lancer. Être entouré d’autres étudiant·es qui ont les mêmes envies, travailler dans un atelier, … Tout cela donne une énergie créatrice.

Comment présenteriez vous votre production plastique à quelqu’un qui ne connaît pas votre travail ?

J’ai commencé par un travail de photographie et notamment du paysage. J’étais souvent déçue du rendu de la réalité, et j’ai eu l’idée de créer moi-même les décors à photographier. C’est de cette manière que j’ai commencée le travail de la maquette. Je fabrique des décors et j’y dépose des petites choses pour créer de petits univers.

Je suis toujours autant intéressée par le paysage, car il est éphémère, tandis que le lieu reste. Je m’intéresse aussi aux thématiques environnementales, depuis les années 2010. Ce sujet intéresse de plus en plus les gens, car les effets du changement climatiques sont deviennent visibles. Ils ont des conséquences sur le paysage, qui continue d’évoluer.

Je travaille également la peinture en m’appuyant sur les mêmes thématiques, ainsi que les dessins cousus, une pratique qui me permet d’aborder les notions de blessure/suture/réparation du paysage.

Quel est votre processus créatif ?

Je commence à travailler lorsque j’ai une idée en tête et que je visualise ce que j’ai envie de faire. Je me considère comme une plasticienne, c’est-à-dire que j’adapte le médium à mon sujet et je décline le sujet sur plusieurs médiums. J’aime aussi aller au bout de chaque médium, tester leurs limites.

La maquette me permet de travailler plusieurs points de vue grâce à la perspective et de jouer avec la lumière en fonction des différents éléments. Dans la maquette, on peut aussi y glisser une problématique en choisissant les éléments à associer : je peux la bouger et la retravailler.

Je travaille avec différents matériaux pour réaliser mes maquettes : argile, terre, plâtre, carton, bois, etc. J’ai également l’habitude de réutiliser des éléments présents dans mes précédentes maquettes.

En peinture, c’est plutôt la matière qui m’intéresse et j’utilise davantage le dessin pour des productions encore à l’état de projet. Le dessin me permet de faire un travail de recherche.

Avez-vous un ou plusieurs exemple(s) de projet(s) marquant(s) ?

À la sortie de l’université, j’ai travaillé sur un projet de maquette autour de l’autorité. C’était déjà un projet très proche de la thématique du lieu, car j’ai étudié des lieux où chacun à une place définie, tel que l’école (avec le rapport enseignant·es/élève) ou le tribunal. Ces lieux d’autorité sont le reflet de notre société et c’est ce qui m’avait intéressé.

Un autre projet de maquette a été important pour moi, cette fois-ci, car il m’avait pris beaucoup de temps. Il s’agit de Gouffre urbain. Pour cette maquette, autour de la renaturation de la ville et de ses enjeux, j’ai réalisé beaucoup de détails, parfois très minutieux.

Quels liens entretenez vous avec les publics ?

J’ai fait quelques ateliers participatifs avec les publics (par exemple, avec des écoles) car je trouve enrichissant de découvrir ses œuvres d’un autre œil et j’apprécie d’avoir un résultat collaboratif. Je me suis aussi rendu compte que mon travail surprend, car, dans un premier temps, les publics ne savent pas trop si je travaille avec la peinture ou la photographie, ce qui donne lieu à un temps d’échange.

Quel est votre lien avec la région Centre-Val de Loire ? Et avec le réseau devenir·art ?

Je suis en lien avec le centre d’art l’ar[T]senal et sa directrice Lucile Hitier, avec qui j’ai fait un projet, lors de la période Covid. Je n’ai pas vraiment de relations avec les autres membres du réseau, car il n’est pas encore très développé en Eure-et-Loir. Les événements organisés par le réseau sont souvent loin de chez moi et je pense que le réseau gagnerait à se décentraliser encore un peu plus.

Je fais également partie d’une association d’artistes en région, plutôt centrée autour d’Orléans qui s’appelle Erya.

Lainé Amélie • devenir•art