Portrait · Elodie Bernard
Responsable artistique à l'école d'art de Blois / Agglopolys
Quel évènement a déclenché ton intérêt pour les arts visuels ?
C’est au lycée ! En terminale, un projet au musée de Picardie d’Amiens, la directrice Sabine Cazenave nous faisait la visite du Grand salon, il y avait une œuvre de Wang Du, mis en dialogue avec des peintures classiques du 18e. C’est cette rencontre, avec l’art contemporain avec la passion de Sabine Cazenave qui a éveillé quelque chose en moi.
À partir de là, je me suis dit : c’est ça, c’est ici qu’est ma place ! J’ai ensuite intégré la faculté des arts d’Amiens dans un cursus théories et pratiques artistiques avec une spécialisation art contemporain.
Je suis partie une année en Estonie, en Erasmus, où j’ai réalisé une année de pratique artistique pour compléter mon bagage théorique. Là-bas, j’ai monté ma première exposition. Je me suis rendu compte à ce moment-là que ce qui me faisait vibrer, c’était de réunir les gens dans un lieu autour d’œuvres d’art. De retour en France, j’ai créé une association pour exposer les œuvres des étudiant·es. Puis, à l’issue de mon master, j’ai passé le concours pour être professeur d’arts plastiques, que j’ai obtenu.
En parallèle, j’allais voir (et je continue !) des expositions. J’ai commencé à partager mes découvertes et mes activités sur Instagram, et c’est comme ça que j’ai été invitée par des foires, des lieux d’expositions à venir écrire et diffuser les expositions en cours. J’ai aussi organisé des expositions pour différents lieux, galeries, centre d’art, artists run space. Et tout ça en poursuivant mon métier de professeur d’arts plastiques, à mi-temps, pendant 10 ans.
Puis j’ai quitté l’éducation nationale, car les visites d’ateliers, les rencontrent artistiques, les organisations expositions, d’événements avec les artistes me manquaient ! Je voulais trouver un poste avec la possibilité de mettre mon énergie et ma passion au service d’un public. Il y a un an, une annonce pour un poste de responsable artistique au sein de l’école d’art de Blois/Agglopolys est parue. J’ai candidaté et été retenue 🙂
Quelles sont tes missions à l’école d’art de Blois ?
L’école d’art de Blois est un équipement de la communauté d’agglomération de Blois/agglopolys, ouvert sur son territoire qui a pour objectif de rendre accessible l’art à toutes et à tous.
L’école reçoit des scolaires : 1500 élèves par an. Les enseignant·es de l’école écrivent un projet pédagogique qui repose sur un objectif artistique, ce qui importe à l’école d’art, c’est ce qui se passe dans l’atelier où les élèves viennent travailler, c’est le processus de création et non la production finale.
L’école reçoit également des élèves adultes dans des ateliers de pratiques grand public.
Ma mission principale consiste à penser l’orientation globale de l’école. A travers la conception d’un programme scolaire annuel et de manifestations autour des activités de l’école. Cette année, par exemple, nous avons participé à Ar(t]chipel et nous prendrons part au Printemps du dessin. J’ai également initié un cycle de conversations, BAVARDAGES, où j’invite des artistes contemporains à venir échanger sur leur pratique.
Quels sont tes projets dans le futur ?
Je souhaite continuer à faire vivre l’école en renforçant les synergies avec les acteurs culturels de l’agglo et en veillant à ce que chacun se sente bien au sein de l’école, je veux que le public se dise que l’école est faite pour lui/elle, que l’art est fait pour lui/elle et que cela se fabrique avec lui/elle. Pour l’instant, je me sens bien ici et j’ai l’impression d’avoir trouvé ma place.
Et puis sinon, pour répondre à ta question, quand je serai grande, ahahah, j’aimerais, pourquoi pas, avoir un lieu à ma charge. Je me verrai plutôt dans un lieu de proximité, pas forcément dans une grande structure.
Quel est ton regard sur le paysage des arts visuels aujourd’hui en région Centre-Val de Loire ?
Il y a huit ans, lorsque je suis arrivée dans la région, il n’y avait rien et je peinais à trouver les artistes. Le paysage s’est depuis structuré : les artistes se sont fédérés, se sont rencontrés et ont commencé à échanger. Aujourd’hui, on comprend que la culture fonctionne comme un écosystème, et non comme une compétition.
Le paysage est en mouvement. Si les institutions continuent de soutenir les structures, cette dynamique va perdurer !
Quels sont tes liens avec devenir·art ?
J’ai fait partie du conseil d’administration de devenir·art et de plusieurs commissions. J’ai apporté de l’énergie et mon point de vue, car je me considère un peu comme un « routier de l’art ». Mon objectif était de partager les idées et les expériences que j’avais pu observer dans d’autres régions, et de trouver des solutions pour offrir plus de visibilité aux artistes.
Je continue de participer activement aux événements pour rencontrer et échanger avec des nouvelles personnes. Je fais maintenant partie du conseil d’administration de Documents d’Artistes Centre-Val de Loire.