Depuis la fin des années 1970, cette association offre des espaces de travail mutualisés et organise régulièrement des événements, expositions et rencontres artistiques pour promouvoir la création locale et renforcer les liens avec le public.
Notre objectif est double : soutenir et accompagner les artistes dans leurs projets, tout en préservant ce lieu historique, porteur d’une identité culturelle forte et d’une mémoire collective. Oulan Bator s’engage à faciliter l’accès à la pratique artistique en proposant un cadre adapté favorisant ainsi l’émergence de nouvelles démarches créatives à Orléans.
LES ARTISTES
Peinture, céramique, dessin, photographie, sculpture… Ils sont dix à partager les ateliers d’Oulan Bator.
Morgane Baltzer
Diplômée de l!Eesab-Rennes, Morgane Baltzer s!est installée à Orléans, où elle développe une
pratique du dessin ancrée dans l!intimité de la mémoire et la fragilité du souvenir. Son geste,
délibérément « libre » et sans repentir, utilise des matériaux modestes – graphite, feutre – pour
capturer l’émotion brute, presque enfantine, de l!instant. Ses oeuvres, qu!elles prennent la forme
de dessins ou d!installations, naissent d!une réminiscence : un détail de paysage, un mot glané,
une sensation éphémère. En s!appropriant la mémoire par un langage pictural personnel, elle
tente l!impossible : saisir ce qui, par nature, nous échappe. Son travail interroge ainsi la capacité
du dessin à devenir un réceptacle de l!invisible, une trace de ce qui, sans lui, disparaîtrait à
jamais.
Thomas Wattebled
Né en 1990, Thomas Wattebled explore dans son oeuvre les frontières ténues entre performance,
sport et existence. Son approche, loin de la contre-performance provocatrice, joue avec la notionde fragilité – celle des formes, de l’équilibre, et même du bon goût. Ses créations, souvent à la
limite de la chute ou du déséquilibre, révèlent une quête de sens dans l!effort, la tension et la
précarité. En survolant les limites, il interroge : jusqu!où peut-on pousser l!art, le corps, l!idée
même de réussite ? Son travail, à la fois physique et conceptuel, invite le spectateur à réfléchir
sur la vulnérabilité comme moteur de création, et sur la beauté qui émerge de l!incertitude.
Nina Rendulic
L’art de Nina Rendulic se construit autour de la rencontre : entre réalité et fiction, mot et image,
texte et autoportrait. Ses installations, nourries par une pratique initiale de la photographieargentique, s’étendent désormais à des médiums variés – enregistrements sonores,
microéditions, dispositifs lumineux. Elle questionne la représentation à travers trois axes majeurs :
le langage (comment dire le réel avec des signes arbitraires ?), la mémoire (comment figurer l!oubli
?), et l!autoportrait (comment se représenter soi-même, alors qu!on ne se voit jamais ?). Son
travail, souvent en dialogue avec des structures comme le Laboratoire Ligérien de Linguistique,
révèle une fascination pour le langage comme lieu d’émergence de l!imaginaire, qu!il soit poétique
ou quotidien. En région Centre, son ancrage local s!enrichit d!une ouverture vers des résidences
et collaborations internationales, témoignant d!une pratique à la fois ancrée et nomade.
Loran Guillot
La peinture de Loran Guillot naît d!une tension entre le geste et la résistance, où l’élan créateur se
confronte à l!accidentel. Sa toile, travaillée comme une terre à défricher, révèle les strates de
l!intime, entre effacement et surgissement. Son approche, à la fois plastique et existentielle, fouille
les replis de l!inconscient, à la manière d!un archéologue de l’âme. Héritier de la modernité, son
expressionnisme organique s!ancre dans une urgence contemporaine, où chaque oeuvre expose
moins un sujet qu!une part de lui-même, entre mémoire et pulsion créatrice
Oscar Green
Artiste béninois installé en France depuis vingt ans, Oscar Green explore la gravure, la
photographie et la peinture. Initié au linoléum par le maître graveur Jacques Robak, il perpétue ce
savoir-faire tout en diversifiant ses supports depuis son arrivée à l!atelier Oulan Bator à Orléans.
Pour lui, l!art est une thérapie, un moyen d!appréhender la nature humaine et ses relations. Ses
oeuvres, nourries de souvenirs et d’émotions, cherchent à capturer la beauté des instants
éphémères. Son parcours, entre autodidaxie et rencontres décisives, en fait un artiste
pluridisciplinaire, toujours en quête de marquer son empreinte.
Philippe Charlet
Installé à Orléans depuis les années 1990, Philippe Charlet développe une technique unique au
crayon de couleur, au fusain, au graphite et à la pierre noire. Fasciné par l!hyperréalisme
américain, il réalise des portraits d!une précision photographique, couche par couche, du plus
clair au plus foncé, sans possibilité de repentir. Chaque regard, qu!il soit frontal, perdu ou voilé,
devient le point de départ d!un questionnement : qu!y a-t-il derrière ce qui est montré ? Entre le
spectateur et le modèle, ses oeuvres créent un échange virtuel, où l!intimité se révèle à travers les
détails des yeux, des reflets et des expressions. Une démarche exigeante, à contre-courant de
l’ère numérique, où l!erreur est irréversible et chaque trait compte.
Michael Buckley
Céramiste, Michael Buckley s!inscrit dans une tradition artisanale qu!il réinvente par une approche
contemporaine. Sa pratique interroge la matière et la fonction de l!objet céramique pour flirter
jusque’à l’art contemporain. Que ce soit à travers des pièces utilitaires ou des oeuvres plus
conceptuelles, Buckley explore les possibilités expressives de l!argile, entre tradition et
innovation. Son travail, parfois discret mais toujours rigoureux, rappelle que la céramique reste un
médium vivant, capable de porter à la fois mémoire et modernité.
Sophie Béguin-Bilcocq
Par un trait vif et précis, Sophie Béguin-Bilcocq crée un univers à la fois ludique et énigmatique,
où le spectateur est invité à entrer comme dans une récréation enfantine. Ses silhouettes légères,
souvent habillées de motifs joyeux – petits pois, rayures –, dansent entre nostalgie et modernité,
évoquant les illustrés d!autrefois tout en gardant une singularité contemporaine. Le noir, le blanc,
le rouge et le gris, loin d’être austères, deviennent sous son crayon des éléments de jeu, où
chaque personnage, dépourvu de visage, oscille entre familiarité et mystère. Ces figures, à la fois
graciles et étrangement silencieuses, rappellent les mannequins oubliés d!un grand magasin,
transformant l!insouciance apparente en une réflexion plus profonde sur l!absence et la présence.
Son travail, entre poésie et ironie, capture l!esprit du temps tout en laissant planer une douce
inquiétude.
Mathias Leny
Impliqué corps et âme dans la préservation et la transmission de l!héritage de Jacques Robak, maître graveur orléanais dont l!atelier reste un lieu mythique de création et d!expérimentation. Audelà
de son rôle au sein de l!association « Atelier de Gravure Jacques Robak », il développe une
pratique exigeante et généreuse de la gravure, où la rigueur du geste rencontre la poésie du trait.
Accompagnant de nombreux artistes orléanais dans leur exploration de ce médium, il en révèle
les possibilités infinies, entre tradition et innovation.
À Oulan Bator, il lance un projet d’atelier mutualisé, prolongement naturel de son engagement
pour faire vivre la gravure comme un art vivant, accessible et partagé. Un espace où se croisent
savoir-faire, échanges et audace créative, perpétuant ainsi l!esprit d!ouverture et de passion qui
animait Jacques Robak. Pour Mathias Leny, la gravure n’est pas seulement une technique : c!est
un langage, une aventure collective
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