la matière prend voix : bois, pierre, métal.
Les formes se dressent comme des cerfs-volants,
elles parlent au vent, au temps, aux passants.
Chaque sculpture ouvre un jeu, une énigme,
et fait danser l’invisible dans la lumière des lieux.
Prenez une pelle,
Prenez une terre,
Creusez.
Que constatez-vous aussitôt ?
Que cela demande un effort.
Que la terre enlevée forme un monticule.
Que le trou se creuse au fur et à mesure que le monticule grossit.
Que ces trois actions changent la physionomie du paysage.
Cela est connu depuis l’Antiquité et ne présente qu’un intérêt relatif.
À moins… de considérer la question sous l’angle de l’expression
« J’ai un trou de mémoire ».
Dès cet instant, pour respecter le texte, il faut en symboliser les trois composantes :
l’effort
le trou
le monticule
L’effort : c’est une action, une énergie. Pour mieux le visualiser, imaginons une spirale infinie, sans point de départ, ni point d’arrivée, et dont le comportement serait imprévisible (peut-on maîtriser la synergie ?).
Le trou : c’est l’endroit où s’exerce l’énergie, donc la spirale. Et là ou s’exerce l’énergie, il y a transformation. Imaginons encore, dans notre effort de symbolisation, que le trou est un cercle d’évolution, c’est-à-dire un processus de métamorphoses successives inscrit dans cette spirale continue, dont la principale activité serait de contenir l’énergie qu’elle crée et d’apporter au fur et à mesure de l’agrandissement du trou la preuve de son existence.
Le monticule : il est le résultat de la spirale et du cercle d’évolution ; de l’effort et de la terre.
De ce point de vue, on peut dire qu’il contient l’histoire, donc :
« la mémoire du trou »
Ainsi, nous pouvons constater que l’expression qui nous intéresse est inexacte. Il serait en effet plus précis de dire :
« J’ai un monticule de mémoire trouée »
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